Photo Vincent Blocquaux pour HEC Paris

Rencontre avec Etienne Hirschauer, le directeur général d’Ecodair, qui nous parle d’économie sociale et solidaire et affiche ses ambitions pour le futur. 

Présentation d’Ecodair

 » Nous sommes une association de 130 personnes, répartie sur 3 sites, un à Marseille et deux en région parisienne.

Nous avons trois volets :

Un premier volet social avec deux couleurs, le handicap (notamment le handicap psychique) et l’insertion.

Le deuxième volet est notre activité économique, tournée autour de l’écologie et du traitement des déchets, avec la collecte de près de 500 tonnes de matériels afin de leur redonner une nouvelle vie : on réemploi du matériel qui a déjà servi auprès de grands groupes, on le reconditionne, puis on le revend à des particuliers, des associations, des organismes de formation, des écoles et des entreprises. Notre chiffre d’affaire a doublé en deux ans et demi, grâce à un marché qui est à l’heure actuelle très porteur.

Notre troisième volet est la participation à des opérations de réduction de la fracture numérique. Notre matériel est sous garantie entre 6 mois et deux ans et on a un taux de retour entre 4 et 5%.

Ecodair a pour vocation d’être un acteur qui rapproche deux mondes. Le monde de la performance et le monde de la fragilité. Comment invoquer ma capacité à être performant et ma fragilité personnelle et profonde…

 

Quel est le processus de recrutement ?

On travaille avec les services sociaux. On est très incarné dans notre environnement proche avec les pôles emplois, les missions locales, les capemplois… Ce sont des structures de l’État avec lesquelles on a des liens et qui nous apportent les compétences requises pour faire fonctionner l’organisation. Le processus de recrutement et d’encadrement est adapté aux profils que l’on recrute. Je viens du monde ordinaire, du monde classique. Ce dernier fonctionne, d’un pont de vue managérial, de la manière suivante :

Vous allez écrire une fiche de poste, faire paraître une annonce, recevoir des CV, et vous recrutez. Si la personne fait bien son travail vous lui donnez une prime et puis si elle le fait vraiment bien vous l’augmentez. Nous on fonctionne à l’inverse. Il n’y a pas de fiches de postes, pas de CV. On accueille quelqu’un le plus souvent en stage, puis nous allons poser cette question : « Est-ce que tu as envie de travailler chez nous ? » On ne parle pas à ce stade de compétences ni d’informatique. C’est nous qui le formerons par la suite pour lui permettre de façonner son CV.

Notre principale préoccupation est de savoir si les gens sont heureux. La question que je pose le plus souvent dans la journée, est : « Comment vas-tu ? » 

Comment conciliez-vous performance et fragilité ?

 « La performance donne la possibilité de pouvoir se développer, elle donne des marges de manœuvre. On est sur un marché en explosion, celui du reconditionnement, du réemploi, avec une croissance de 20% par an.

 Sur « le marché du handicap psychique », 28% d’entre nous ont, auront ou ont eu, à un moment de notre existence, un sujet psychique (dépression, angoisse…).

Ce sujet est aussi en explosion et concerne près d’une personne sur quatre en France.

 Malgré cela, les personnes en situation d’handicap sont de mieux en mieux insérées dans la société. La clef de ce sujet-là est de comprendre que nous ne sommes pas que des machines dotées d’intelligence, d’énergie et de sensibilité mais aussi des machines fragiles.

Quand chacun de nous sera capable de faire son introspection on aura plus de facilité à comprendre l’autre. »

 

Qui sont vos clients ?

On a plusieurs types de clients. Nos premiers clients sont les personnes à qui nous vendons le matériel informatique. Ils représentent 70% de notre chiffre d’affaire. Ce sont des clients BtoC, des particuliers qui achètent directement sur notre site internet de vente en ligne, ou sur les marketplaces (Label Emmaüs, Fnac…). Notre deuxième typologie de clients sont les écoles, les centres de formations, les associations, les PME. Des clients qui souhaitent un matériel informatique performant mais aussi abordable.

Enfin, la troisième typologie de clients sont les grands groupes voulant se débarrasser de leur matériel informatique de manière écologiquement responsable. On récupère ce matériel dont on fera soit du déchet, soit du réemploi. On va en effacer les données et les auditer pour que ce matériel soit suivi par l’entreprise qui en est la propriétaire.

Notre dernière typologie de clients sont les donateurs qui représentent 5% de notre budget. 

 

Quel est le profil de vos partenaires ?

« Il y a deux ans et demi, j’étais dans un monde qui n’a rien à voir avec celui dans lequel je suis aujourd’hui. J’ai appelé les trois/quatre entreprises que je connaissais de taille significative. Je leur ai expliqué ce que je vivais et je leur ai demandé si ça les intéressait d’en parler, d’échanger et j’ai eu trois/quatre oui. On a accueilli la semaine dernière une entreprise de transport de marchandise et particulier, Transdev et sa Direction de Ressources Humaines. On va travailler ensemble sous forme de partenariat afin de s’apporter mutuellement du profit. » 

 

Avez-vous un projet de développement ?

« On vient d’ouvrir un site il y a 12 mois sur Saclay, dans le sud de la région parisienne. Nous comptons doubler notre effectif d’ici trois ans grâce au développement du marché. On répond à une forte demande, ce qui nous fait courir au secours de la victoire. »

Menu
X